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Bambi Carmichael

Age : 15 Inscrit le : 30 Mar 2008 Messages : 18 Statut : 70s Lollipop Emploi : I'm just a teenage dirtbag Baby . Work is so exhausting ! Humeur : Relax, in a pacific mood Sugar Peace and Love Liens:
| Sujet: It's raining men (R) Sam 19 Avr - 11:58 | |
| (c)SkaterGal724 « The street's the place to go Cause tonight for the first time Just about half-past ten For the first time in history It's gonna start raining men »
Un vent tout se qu’il y a de plus agréable balayait l’unique et longue passerelle qui permettait d’atteindre le lac artificiel le plus énorme de San Francisco, appelé le « Stow Lake » . Les larges planches de bois étaient ainsi parsemées de petits grains de sable aux formes étrangement étoilées, amenées par les embruns de la matinée et collés avec les rares gouttes d’eau qui passaient outre les protections du ponton . Bambi arriva à la passerelle aux alentours de midi, heure d’ordinaire calme étant donné que les habitants de la ville étaient d’une ponctualité effrayante pour ce qui était des horaires des repas . Elle avait décidé de marcher jusque là, ce qui lui avait pris une bonne partie de son début de journée . A vrai dire, elle ne savait pas quoi faire et s’était dit que se concentrer sur elle-même, se ressourcer et faire le point au grand lac artificiel de l’Etat lui ferait du bien . La ville l’étouffait depuis quelques temps : la pollution, le bruit permanent qui nous donnait envie de tout casser, les gens tous aussi cons les uns que les autres qui faisaient la queue une heure devant le City Hall, jusque par ce que cette triple catin de Marilyn Monroe s’était mariée là . B. avait voulu prendre un encas avant de quitter le centre de la métropole, et avait donc fait un saut au Boudin Bakery . Elle avait mis une bonne dizaine de minutes à se faire servir, et quand enfin Erin, sa meilleure amie qui travaillait dans la boutique, lui avait apporté un muffin à la noix de coco et à la pêche blanche, les deux jeunes femmes n’avaient même pas pu discuter . Une vieille harpie de l’âge des dinosaures s’était plainte du service, menaçant la demoiselle Kenneth de renvoi, et Dimples avait du quitter les lieux . Elle s’était d’ailleurs promis intérieurement de trouver le nom de la folle si âgée, d’en faire part à son père – gouverneur de Californie et donc de l’Etat dans lequel elles résidaient présentement – et de faire dégager cette truie hors de San Francisco . Bien fait, tiens ! Et si jamais le paternel de miss Carmichael se plaignait de ses frasques perpétuelles, elle lui rappellerait gentiment sur un ton froid et désespérément cynique comment elle avait oublié son rêve d’avenir pour faire la faculté de droit, comme l’homme le lui avait si bien demandé . Elle ne pourrait décemment pas compter sur le soutien de sa barge de mère, qui était persuadé qu’Abraam Lincoln était encore président des Etats-Unis, que les femmes n’avaient pas le droit de vote et que Bambi avoisinait à peine les sept ans – elle lui offrait d’ailleurs chaque année un ours en peluche ou une poupée pour sa fête .
Après son très bref passage à la pâtisserie la plus célèbre de SF – pour ses créations plutôt excentriques, aux parfums et goûts peu coutumiers – elle attendit lascivement qu’un taxi daigne s’arrêter sans qu’elle ne le quémande, tout en flânant dans les boutiques . Des dizaines de voitures s’arrêtèrent, mais elle n’en vit aucune, absorbée dans sa contemplation des vitrines – ou alors, elle se foutait royalement de ces maudits véhicules, c’est selon . Il était dix heures déjà, et le monde commençait à affluer et à envahir les rues d’un brouhaha inaudible accompagné d’une montagne de paquets de couleurs . Bambi soupira . Elle aurait bien voulu que sa fabuleuse BFF soit avec elle à ce moment précis, pour qu’elle aille flâner à la plage ou à l’aquarium – ou même dans leur appartement commun, tant qu’elles étaient ensemble, c’était génial . Mais non, elle devait rester au travail, place à laquelle elle tenait énormément apparemment . Freckles devrait donc compter sur son unique personne, et commença à se diriger jusqu’au Stow Lake, où les gens lui foutraient probablement la paix une bonne fois pour toutes . Elle se pressa, avança de sa petite démarche rapide et sexy en diable, ses sandales compensées rouge frappants le sol de béton dans un bruit de bouchon de bouteille de champagne plutôt amusant . Elle mit plus d’une heure à atteindre la baie, et arriva à bout de souffle, les cheveux emportés par le vent et le sourire radieux . Elle poussa la petite porte grillagée qui refusait l’entrée de la passerelle – elle était actuellement en réparation, certaines planches ayant été brisées au cours de l’hiver par le gel et la neige . Celle-ci résista, et B., exaspérée, donna un grand coup de pied dedans . Le fer céda alors dans un bruit de boîte de conserve, et la jeune fille pria pour que personne n’ait vu les dégâts – la porte gisait au sol, cassée en deux et sortie de ses gonds . Elle avança normalement, sans grande précaution vis-à-vis des travaux . A chaque planche cassée qu’elle rencontrait, elle effectuait un petit saut gracieux et passait outre le trou béant qui donnait sur l’eau bleue verte du lac, encore assez froide malgré la hausse des températures suite à l’arrivée du printemps – un bon petit 26° en général . Une fois la longue marche achevée, elle sauta par dessus la seconde petite porte, en prenant soin de ne pas déchirer ses vêtements, et atterrit sur l’îlot . Quelques intellos lisaient patiemment, une ou deux grand-mères amenaient leurs bambins ici pour jouer au calme, mais somme toute, il n’y avait pas foule . Parfait pour la petite brunette qui ne cherchait pas de compagnie outre-mesure . Elle avança jusqu’au premier banc, libre grâce à son exposition plein soleil parfois gênante, et s’y posa . La plupart des visiteurs avaient pris leurs quartiers au milieu de l’île, c’est pourquoi Bambi resta sur le bord – de plus, elle affectionnait tout particulièrement la légère brise marine et l’odeur de l’eau le matin . Elle plia ses jambes en tailleur sur le bois, encore un peu humide après la rosée, et ajusta sa petite jupe courte de satin noir ornée de fleurs rouges et vertes . Elle regarda droit devant elle, le regard perdu au loin, avec ce côté super mystérieux et donc ultra chaud, pendant presque une demie heure . Elle ne mangea même pas son gâteau, emballée dans un papier dans son petit sac à main en cuir de veau émeraude . Elle sentit soudain une petite tape dans son dos, tourna la tête rapidement et ne vit personne . En replaçant son corps droit, comme juste avant, elle vit deux grands yeux verts, un sourire blanc moqueur posés sur un corps accroupi devant elle .
« La peur de ta vie, mini Carmichael ? » « En voyant ta face de crapaud, j’avoue, oui . Pense à la chirurgie esthétique, un visage aussi laid que le tien peut faire de profonds dégâts psychologiques . » « Au moins, avec toi c’est réglé, t’es déjà tarée de toute façon . »
Et c’est ainsi que débuta l’entretien de Bambi avec Luka Stevenson, un de ses amis hippie . La demoiselle hésitait toujours à le qualifier d’ « ami », tant leur relation était ambiguë . C’est sûr que parfois, tout ça dépassait le simple stade de l’amitié . Ca allait bien les premières minutes, mais à chaque fois qu’ils pouvait se produire quelque chose de vraiment intéressant, ils finissaient par se disputer violemment et refusaient de s’adresser la parole durant une semaine . On pouvait donc croire qu’ils étaient faits pour rester simplement amis, mais la profonde jalousie qu’ils éprouvaient mutuellement aux regards des relations amoureuses de l’autre témoignait de plus . Luka connaissait Bambi depuis très longtemps : il l’avait vu à moitié nue plusieurs fois, et il semblait à Dummy qu’il avait pris un bain de minuit totalement à poil ensemble lors de l’anniversaire des quinze ans de Charlie Weller . Pourtant, le jeune homme n’en avait jamais parlé . B. pouvait bien se déshabiller devant lui, elle ne saurait jamais ce qu’il en pensait . Ce fait exaspérait d’ailleurs profondément la jeune demoiselle . Son ‘ami’ semblait de glace au charme énorme – indépassable même – de la belle, comme si s’était sa petite sœur qui se trémoussait comme une chienne devant lui aux soirées baba cool . Cet effet imperméable, inhabituel, sortait la petite boule de feu de ses gonds et lui donnait envie d’étrangler Mr Stevenson . Mais de son côté à lui, alors ? Elle était certaine qu’il n’était pas si indifférent que ça puisque Aaron l’insupportait depuis que lui et Tiny couchaient très régulièrement ensemble et semblaient développer des sentiments . Mais bordel, Bambi aurait voulu que Luka hurle, crie, insulte Aaron de fils de pute s’il le fallait, mais qu’il arrête de jouer les amis s’il voulait plus – ou de vouloir plus s’il était simplement son ami . Très sectaire dans ses jugements, comme toujours, la demoiselle en avait profondément ras-le-cul de ce jeu, pourtant amusant s’il n’était pas aussi éreintant . Tout ça ne menait à rien, et elle n’avait même pas de quoi se faire une opinion . Le jeune homme aurait très bien pu se branler en pensant à elle qu’elle ne le saurait pas, et quand bien même elle serait son fantasme, il cachait bien son jeu . La jeune et jolie héritière releva donc sa tête, affichant un sourire mesquin et amusé .
« Arrête de me suivre partout . Je vais finir par croire que t’es un sal pervers qui veut me prendre dans un coin, tu sais . »
Sa voix était froide, à la limite du détestable et de l’exécrable . Elle aurait du donner à Luka l’envie de hurler, mais tout comme elle, il essaierait de se contenir et feindrait le désintérêt le plus total . Elle leva sa tête d’un mouvement altier, et envoya valser derrière son épaule droite sa longue cascade de cheveux noirs – bouclés aujourd’hui, l’air étant humide près de l’eau . Elle ôta ensuite son petit paletot couleur incendiaire, agrémenté de gros boutons noirs, et le posa à côté d’elle . L’air se réchauffait vite à cette heure-ci, et son petit Marcel croisé dans le dos de même couleur mettait parfaitement ses formes en valeur – de la poitrine, mais pas de ventre du tout . Elle attrapa son sac, saisi son muffin et l’ émietta patiemment dans le creux de sa main . Elle lança alors à l’eau les morceaux de ce petit délice du Boudin Bakery, où s’agglutinaient désormais les cygnes et les canards affamés . Tout en effectuant cette petite ronde de nourriture, elle poursuivit la conversation sans regarder son interlocuteur, le regard porté sur un vilain petit canard noir .
« T’as toujours pas réussi à te faire Chanel, ou t’as une nouvelle proie ? » _________________
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|  | | Luka Stevenson

Age : 17 Inscrit le : 04 Avr 2008 Messages : 163 Peace and Love Liens:
| Sujet: Re: It's raining men (R) Dim 20 Avr - 14:08 | |
| the angels they burn inside for us are we ever are we ever gonna learn to fly the devils they burn inside of us are we ever gonna come back down come around I'm always gonna worry about the things that could make us cold
Il n’était bien évidemment encore pas rentré cette nuit. Ca faisait plusieurs jours que Luka découchait, enchainant les fêtes, aussi bien les fêtes en petit comité, qu’en grand, mais il était différent depuis quelques jours, il oubliait de plus en plus ses responsabilités, celles que son père lui avait confiées, et lorsqu’il rentrait un peu, il ne prenait qu’une douche et repartait. Il avait l’esprit préoccupé, de quoi on n’en savait trop rien. En revanche, il restait fidèle à lui-même avec tout le monde, et donc c’était impossible de voir que quelque chose le tracassait. Il restait de marbre, il jouait constamment un jeu, et il était passé maitre dans cet art.
Vêtu admirablement, élégamment, la marche sure, et le pas tranquille, il se trouvait dans le quartier de Nob Hill, non loin de chez lui, mais plutôt proche de l’hôtel. Il s’y rendait pour affaire, et vous ne sauriez pas pourquoi si vous lui demandiez. Cette chemise blanche rayée de jaune, de bleu et de gris, lui allait à ravir, mais bien sur on y voyait que le col qui sortait habilement de dessous son pull bleu assorti à ce ciel radieux sans nuages. Il avait très chaud, c’était compréhensible, mais il fallait bien faire bonne impression. Avant de rentrer dans l’hôtel, il prit son inspiration, et souffla un bon coup. Mais bon dieu qu’est-ce qu’il allait y fabriquer ? C’était un mystère… Il connaissait l’intérieur de cet hôtel par cœur, car il passait nombreuses de ses nuits, avec ou sans compagnie, surtout lorsqu’il voulait éviter son père, ou alors qu’il voulait simplement une relation d’une nuit, et qu’il ne voulait pas nécessairement montrer sa maison. Il était comme ça Luka, il ne voulait pas qu’on s’immisce dans sa vie, sans son accord. Bien entendu, ses nombreux amis avaient déjà foulé le sol de sa demeure et n’étaient pas venus à l’hôtel pour le fréquenter. Un homme réceptionna le jeune Stevenson, et lui dit de se rendre dans le petit salon privé qui se trouvait à quelques mètres de lui. Il s’y rendit, et on ferma la porte. Il n’en sortit que deux heures plus tard, pas franchement content. Il vérifia que personne qu’il connaissait se trouvait dans la rue, et sortit de l’hôtel. La porte s’ouvrit alors à la volée, et un homme, plutôt petit, le cigare à la bouche, lui hurla dessus :
« N’oublies pas Stevenson, tu es un pion, n’essaye plus de m’entourlouper, tu as 1 semaine, ou tu sais ce qu’il t’attend ! »
Oui enfin ce qui l’attendait…Ce n’était pas à lui, on voulait faire du mal aux gens qu’il aimait s’il n’accomplissait pas la tâche qu’on lui demandait, et bien que très sur de lui, et pas forcément aimable avec tout le monde, il n’avait pas la force de faire cela, pour une fois, le jeune homme se retrouvait en position de faiblesse. Mais il ne voulait pas y penser. Il avait faim à présent. Il se devait de passer par un petit commerce, histoire de manger un truc. Il se rendit donc à la boulangerie de son enfance, le célèbre Boudin Bakery. Là bas, il se présenta au comptoir, et inutile de vous préciser qu’on le reconnut tout de suite, mais il n’avait pas envie de déblatérer sur son passé, et se contenta de commander un pain au chocolat. La vendeuse ne l’avait jamais vu ainsi, pour ainsi dire, mais elle respecta son choix, et le servit rapidement. Il aperçu vaguement Erin Kenneth, une fille qu’il avait déjà vu par l’intermédiaire de leur amie commune Bambi Carmichael. Il se contenta juste de lui faire un signe de tête, et partit rapidement après avoir payé, en mordant dans sa petite pâtisserie. Il regarda l’heure à sa montre, il était déjà plus de onze heures, et il ne savait que faire. Pourquoi pas flâner, dans son sac qui se trouvait en bandoulière et qui restait collé à sa hanche, il avait tout le nécessaire pour dessiner, mais il fallait qu’il trouve un endroit au calme, où les gens seraient en petit comité. L’idée lumineuse lui vint après quelques secondes de réflexion. Pourquoi pas se rendre au Stow Lake ? C’était un endroit radieux, et il trouverait surement des situations à dessiner, qu’il afficherait, s’ils étaient réussis dans sa chambre. Faisant alors demi-tour dans la rue qu’il venait d’emprunter, il se faufila à travers les gens d’un pas léger, il n’était pas vraiment pressé, surtout qu’il n’était pas vraiment loin, enfin s’il faisait tout le tour, il en avait pour une heure, mais le blondinet connaissait bien les alentours, il allait tout simplement passer par les petits raccourcis qu’il avait trouvé il y a au moins 10 ans de cela. Il n’eut qu’une demi-heure à marcher quand il arriva devant la petite porte qui normalement devait être fermée pour cause de planches qui avaient cédé, lors de l’hiver. Mais il ne vit pas la porte se dresser devant lui. Il regarda alors au sol, et c’est alors qu’il la trouva couchée, telle un petit pont de fer qui ne servait à rien. Luka commençait à imaginer qui aurait été capable d’une telle chose, probablement l’un de ses amis qui étaient tous déjantés. Empruntant quand même, alors qu’il savait très bien que c’était déconseillé, le pont, il marchait prudemment, regardant toujours où il mettait les pieds, et finit par arriver sur le petit îlot que tout le monde aimait. C’était un endroit majestueux, par sa beauté, tandis que San Francisco était assez différente de cet endroit-là, plutôt urbaine tandis que l’îlot, était un petit coin de verdure, totalement nature. Luka scrutait alors l’endroit, sous la chaleur torride, à la recherche d’un endroit où se poser et d’un modèle. Ce n’est qu’en cherchant bien, qu’il trouva une personne dont il n’aurait pas cru qu’elle se trouverait ici. Les cheveux bruns au vent assise sur un banc, Bambi Carmichael se trouvait sur ce petit îlot. Ni une ni deux, le jeune homme tira légèrement son col, ayant terriblement chaud, et s’empressa de se rendre près du banc de la jeune femme, où comme d’habitude, il l’embêta en premier lieu. Il s’était positionné derrière elle, puis avait osé la contourner pour lui faire peur, et lorsqu’elle s’était retournée, il avait pris la parole.
« La peur de ta vie, mini Carmichael ? » « En voyant ta face de crapaud, j’avoue, oui . Pense à la chirurgie esthétique, un visage aussi laid que le tien peut faire de profonds dégâts psychologiques . » « Au moins, avec toi c’est réglé, t’es déjà tarée de toute façon . »
Et c’est ainsi que débuta la conversation entre les deux jeunes qui se ressemblaient tant, et qui à la fois étaient si différents. Ils se connaissaient depuis leur enfance, voire le début de leur adolescence, mais leur relation a toujours été d’une drôle d’ambigüité. On pouvait dire qu’ils s’appréciaient c’était certain, mais une sorte de jeu qui les corrompait s’était installé entre eux. Bambi et Luka, si on demandait à leur entourage, on ne pouvait l’expliquer. Ils étaient purement passionnés l’un par l’autre, mais aucun ne souhaitait le montrer. Quand leur simple amitié se transformait en une relation fusionnelle, l’un des deux stoppait tout, et l’autre ne comprenant pas, s’empressait de réagir violemment, et la dispute éclatait. Au final, il fallait toujours que l’un des deux se décide à venir s’excuser, ou du moins à ne faire comme si de rien était, comme Luka ce jour là. Il avait un large sourire aux lèvres, tous ses petits problèmes de la matinée s’étaient envolés. On peut dire que les deux jeunes vivaient une amitié sans gêne, parlant de leurs relations sexuelles à droite et à gauche comme si de rien était, se déshabillant l’un devant l’autre, mais jamais des gestes équivoques qui pourraient faire croire à l’autre que quelque chose était possible, sauf quand tous les deux perdaient pied, et tout continuait en dispute, c’était un cercle vicieux. Luka n’était pas pourtant de marbre au charme indéfinissable de la jeune femme, c’était plutôt le contraire, mais avant qu’il le lui fasse savoir, il allait s’en passer des années, il faisait comme si elle n’était rien d’autre qu’une amie qui ne l’attirait pas, comme si elle faisait partie de sa famille, alors qu’elle habitait sans cesse la tête du jeune homme, et qu’il fallait qu’il fasse des efforts considérables pour ne pas le montrer. Il pensait plutôt que c’était à sens unique. Et puis dans sa façon de vivre tout l’insupportait : elle draguait tout ce qui bougeait, bien sur il faisait pareil, mais pour lui c’était normal, de plus, elle avait des manies irrésistibles, qui faisaient perdre pied au jeune Stevenson, qui devait cravacher pour ne pas se faire prendre. Il sentait bien qu’elle lui en voulait pour la dernière fois, il s’était éclipsé alors qu’ils se trouvaient enfin seuls, et prêts à s’embrasser, seulement à deux centimètres de la jeune femme, il craqua, fuyant le regard de la jolie brune, pour y préférer sa montre, et pour s’en aller, prétextant qu’il avait quelque chose à faire, bien sur, il n’aurait pas du, mais avec elle, il faisait un blocage. Tandis que sa voix était plutôt froide, celle de Luka était chaleureuse, amicale, et amusée.
« Avoues que tu en meurs d’envie que je t’épie jours et nuits. Mais même si cela fait partie de tes rêves les plus fous, ce n’est pas le cas. J’avais à faire dans les parages… »
Facile pour lui de contourner le problème qui s’était dessiné lors de leur dernière rencontre. En parlant de dessin, s’il y avait bien une chose qui pouvait le trahir, c’était bien ses dessins. Dans son sac, se trouvait son carnet, et dans son carnet restaient certains dessins des formes d’une femme dont tout le monde se doutait bien de son identité, mais pour garder le secret, il n’avait dessiné que partiellement le visage, enlevant tous les détails qui le démasquerait, et en revanche, il s’était attardé sur les détails de ce corps si délicatement parfait. Luke s’était installé à côté de la jeune femme, qui venait à peine de se débarrasser de son paletot, et qui l’avait soigneusement posé à côté d’elle. Lui se contentait d’observer minutieusement ses moindres faits et gestes, et attendait qu’elle daigne parler, mais apparemment, ça allait être plus compliqué que prévu, pourtant pour Luka c’était clair, il n’allait absolument pas s’excuser, car ce n’était que l’une des rares fois où c’était lui qui faisait le coup. Finalement, tandis qu’il s’attardait sur les gens autour de lui, car elle n’osait même pas croiser son regard, et cela commençait vraiment à insupporter Luka, elle brisa le silence, posant une question, comme à l’habitude, sur les histoires de cul de Luka, il aurait préféré qu’elle varie un peu, mais au moins elle avait daigné lui adresser la parole. Quel progrès ! Alors Luka s’expliqua :
« Hmmh. Chanel. C’est plutôt en bonne voie on va dire que pour une fois je prends mon temps, elle n’est pas facile, mais j’ai le plan infaillible qui est tout prêt. Et puis sinon, bah je vois des filles par ci par là. Rien de bien intéressant pour toi, tu me connais déjà trop. Et toi Pan-pan ne colle pas aux sabots de Bambi aujourd’hui ? A moins qu’il soit dans un buisson, attendant sa petite gâterie matinale ! Ah non excuses-moi il est plus de midi donc gâterie de début d’après midi ! »
Pan-pan, c’était Aaron, il faisait une référence au célèbre dessin-animé de Walt Disney, pour embêter Bambi, et pour qualifier cet être ignoble, qui répugnait Luka au plus haut point, et qui pourtant, couchait avec Bambi, de manière péjorative. Lu’ aurait bien trouvé autre chose, de plus virulent, ou encore de plus choquant, mais il restait dans le soft, afin de ne pas se trahir lui-même. Pourtant, s’il le pouvait, il aurait bien viré Aaron du lit de la belle Carmichael, à coups de poing. Enfin, il se voyait très mal, donner les raisons de son éclipse de la dernière fois à la brunette : dire qu’il ne pouvait pas l’embrasser tout simplement à cause d’Aaron qui avait déjà souillé ses lèvres, alors qu’il le dégoutait, c’était mathématiquement impossible pour lui. Ne voulant pas affronter un nouveau conflit déjà que cette retrouvaille était assez terne, il changea totalement de sujet, toujours sur le ton de la plaisanterie.
« Qu’est-ce qui t’amènes ici ? La petite fille pourrie gâtée serait-elle mélancolique ? »
Le soleil tapait trop sur les épaules du jeune homme, qui avait tellement chaud, qu’il ne put s’empêcher de lever son pull bleu en cachemire, de le plier et de le poser, comme l’avait fait précédemment Bambi, à côté de lui. Il leva ensuite les boutons de manchette, sur les manches de sa longue chemise rayée, et retroussa habilement les manches. Puis, en dernier lieu, il déboutonna sa chemise de trois boutons, ouvrant celle-ci jusqu’à la chute de son torse.
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